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Jacob et Wilhelm Grimm
Les frères Grimm
Conte, Les frères Grimm, Jean-le-Fidèle
Créé par Mariedark, le 03/09/2013 à 09h21.
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Par Mariedark,
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Mariedark
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CONTE - LES FRERES GRIMM

 

JEAN-LE-FIDELE

 

Il était une fois un vieux roi malade qui, sentant la mort approcher fit appeler son plus dévoué serviteur. Il lui dit :

« Fidèle Jean, je vais bientôt quitter cette terre, et je n’emporte qu’un seul regret : laisser derrière moi un fils trop jeune pour savoir se conduire lui-même et gouverner son royaume. Si tu ne me promets pas de lui enseigner tout ce qu’il doit savoir et de lui servir de guide, je ne saurai mourir en paix.»

Le fidèle Jean était vieux, il répondit pourtant : « Je ne quitterai jamais le prince et je le servirai de toutes mes forces, même si je dois les épuiser à son service.

– Merci, fidèle Jean, dit le roi. Grâce à toi je mourrai en paix… Après ma mort, tu feras visiter à mon fils tout le château, depuis le sommet des tours jusqu’aux oubliettes les plus profondes ; tu lui montreras où sont les trésors et les réserves, mais tu ne le laisseras pas pénétrer dans la dernière chambre de la tour du nord. Là, se trouve le portrait de la princesse du Castel d’Or. S’il le voit, de grands malheurs en découleront et mieux vaut ignorer l’existence de cette princesse que de chercher à l’approcher.»

Le fidèle Jean s’engagea à respecter les volontés du roi mourant et peu après celui-ci rendit l’âme.

Quand le temps du deuil fut écoulé, le fidèle serviteur dit à son nouveau maître :

« Il est temps pour vous de connaître votre héritage. Venez avec moi, je vais vous faire visiter le château de vos pères. »

Il conduisit le jeune roi à travers les salles et les galeries, les escaliers et les tourelles, lui fit admirer bien des tapisseries et des meubles précieux, ouvrit de nombreux coffres pleins d’or ou de monnaies rares, mais laissa bien close la porte de la tour du nord, où se trouvait le portrait de la princesse du Castel d’Or.

Ce portrait se trouvait placé de telle sorte qu’on le voyait dès qu’on entrait dans la pièce, et il était peint de si merveilleuse façon qu’on croyait voir la princesse sourire et respirer, comme si elle se tenait là, vivante.

Le jeune roi, cependant, remarqua que le fidèle Jean passait devant cette porte sans l’ouvrir et lui en demanda la raison.

« Parce que, répondit le fidèle Jean, il y a dans cette pièce quelque chose qui vous ferait peur.

« Je veux le voir », répéta le jeune roi, cherchant à ouvrir la porte, mais Jean le retint.

« Non, dit-il, j’ai promis au roi votre père que vous ne verriez pas ce que contient cette pièce. Si vous y jetiez un seul coup d’oeil, les plus grands malheurs pourraient en résulter et pour vous et pour votre royaume.

– Le plus grand malheur, dit le prince, serait plutôt que je ne puisse y entrer, car alors, de jour ni de nuit, je ne pourrai trouver le repos. Je ne bougerai pas d’ici tant que tu n’auras pas ouvert cette porte. » Le fidèle Jean comprit que le jeune roi ne changerait pas d’avis ; alors il prit son trousseau de clefs, en choisit une et, à regret, l’introduisit dans la serrure.

Il pénétra le premier dans la pièce, espérant avoir le temps de couvrir le tableau, mais il était déjà trop tard : le prince, entré sur ses talons, vit le portrait, son regard rencontra celui de la princesse et il tomba sur le plancher, évanoui.

« Le malheur est arrivé. Qu’allons-nous devenir, à présent ? » se dit le fidèle Jean avec angoisse.

Enfin le roi ouvrit les yeux. Ses premières paroles furent pour demander qui était cette ravissante princesse, et quand le fidèle serviteur eut répondu à sa question, il dit :

« Si toutes les feuilles de tous les arbres étaient des langues parlant nuit et jour, elles ne sauraient assez dire à quel point je l’aime. Ma vie dépend d’elle et je pars immédiatement à sa recherche. Toi, qui es mon fidèle Jean, tu m’accompagneras. »

Le fidèle serviteur essaya de raisonner son maître, mais ce fut bien inutile.

Il comprit qu’il fallait lui céder et, après avoir longuement réfléchi, il mit au point un projet qui devait lui permettre d’arriver auprès de l’inaccessible princesse.

« Tout ce qui entoure le roi et sa fille est en or, dit-il enfin à son maître, et elle n’aime que ce qui est en or. Dans votre trésor il y a cinq tonnes de ce métal précieux, mettez-les à la disposition de vos orfèvres afin qu’ils les transforment en objets de toutes sortes, qu’ils les décorent d’oiseaux et de bêtes sauvages ; je sais que cela lui plaira. Dès que tout sera prêt, nous embarquerons et tenterons notre chance. »

Tout fut fait comme Jean l’avait proposé.

Les orfèvres travaillèrent nuit et jour, ciselèrent des merveilles par centaines, un navire fut équipé, le fidèle Jean et le roi revêtirent des costumes de marchands, afin de n’être pas reconnus, puis les voiles furent hissées et le navire cingla vers le large, en direction du lointain point sur l’horizon où s’élevait le Castel d’Or.

Quand ils abordèrent cette île lointaine, le fidèle Jean recommanda au roi de rester à bord, tandis que lui-même chercherait à approcher la princesse.

Il descendit à terre, emportant de précieuses coupes d’or, escalada une falaise et arriva près d’une rivière. Là, une jeune servante puisait de l’eau dans deux seaux d’or et, quand elle vit paraître cet étranger, elle lui demanda ce qu’il désirait.

« Je suis un marchand », lui répondit Jean, laissant entrevoir le contenu des ballots qu’il avait apportés.

« Oh ! s’écria la servante, si la fille du roi voyait ces merveilles, elle vous les achèterait certainement », et entraînant le faux marchand, elle le conduisit au château dont de hauts remparts et d’innombrables gardiens défendaient l’accès.

Quand la princesse eut aperçu les coupes d’or, elle les prit une à une, les admira et dit : « Je vous les achète. » Mais le fidèle Jean répondit : « Je ne suis que le serviteur d’un riche marchand. Ce que je vous montre ici n’est rien en comparaison de ce qu’il transporte à bord de son navire.

– Alors qu’il apporte ici toute sa cargaison, ordonna la princesse.

« Cela demanderait des jours et des jours, répondit Jean, et votre palais, si grand qu’il soit, ne l’est pas assez pour contenir tant de merveilles. »

Ces mots ne firent qu’exciter davantage la convoitise de la princesse qui demanda à Jean de la conduire jusqu’au bateau.

Il obéit avec la plus grande joie, et le roi, quand il vit paraître la princesse, reconnut que sa beauté était encore plus grande qu’il ne l’avait cru en voyant le tableau. Il la fit descendre dans les cales de son navire où, sur des brocarts tissés d’or, il avait disposé des coffres débordant de bijoux, de plats, de statuettes et de candélabres. Tout était de l’or le plus pur, et les fines ciselures brillaient au soleil ou luisaient dans les coins d’ombre, d’un insoutenable éclat.

Pendant ce temps, le fidèle Jean était resté sur le pont, auprès du timonier.

Sur ses ordres, l’ancre fut levée sans bruit, les voiles hissées en silence et, seul, le léger clapotement des vagues contre la coque et la houle maintenant un peu plus forte trahirent le moment où le navire, tournant sur son erre, prit le large et alla vers d’autres cieux.

Mais la princesse était bien trop absorbée dans sa contemplation pour remarquer quoi que ce soit. Plusieurs heures s’écoulèrent avant qu’elle eût achevé de tout voir, de tout admirer, et lorsque, enfin, elle prit congé du marchand, la nuit était presque venue. Elle remonta sur le pont, vit les matelots à la manoeuvre, les voiles gonflées par le vent et, à l’horizon, la terre comme un mince et lointain fil, maintenant hors d’atteinte.

« Ah ! s’écria-t-elle, je suis trahie ! Un vil marchand m’a prise au piège et m’emporte loin de mon père.

– Rassurez-vous, lui dit le roi en la prenant par la main, il est vrai que je vous ai enlevée par ruse, mais je ne suis pas un vil marchand. Mon père était un roi aussi puissant que le vôtre et je suis votre égal par la naissance. J’ai agi par ruse, mais l’amour est mon excuse : je ne pense qu’à vous depuis ce jour où j’ai découvert votre portrait, et ne saurais plus vivre sans vous. »

Quand la princesse entendit ces mots, son coeur changea, elle regarda le roi avec plus de complaisance et accepta de devenir sa femme.

Le voyage se poursuivit dans le calme et le bonheur, mais un jour où le fidèle Jean, assis sur le pont, jouait de la flûte, il vit voler trois corbeaux.

Il écouta ce qu’ils disaient, car il comprenait le langage des bêtes.

Le premier croassait : « Le roi croit avoir conquis la princesse du Castel d’Or.

– Il n’est pas au bout de ses peines, répondit le second.

– Hélas ! bien des épreuves l’attendent encore », fit le troisième.

Alors le premier reprit : « Quand il abordera dans son royaume, un cheval couleur de feu bondira vers lui. S’il l’enfourche, ce cheval l’emportera dans les airs, et jamais plus il ne verra celle qu’il aime.

– Il y a un moyen d’éviter ce malheur, dit le second corbeau.

– Oui, reprit le premier, il y en a un. Si quelqu’un prend le pistolet qui se trouve dans les étuis de la selle et abat la bête, le jeune roi sera sauvé. Mais qui peut savoir cela ? Et si quelqu’un le savait et le disait, il serait immédiatement changé en pierre depuis la plante des pieds jusqu’aux genoux. »

Alors le second corbeau reprit la parole.

« Mais ce n’est pas tout, dit-il. Même si le jeune roi échappait à ce danger, il n’aurait pas encore conquis son épouse. Quand celle-ci entrera dans son palais, elle verra une robe de mariée, si belle qu’elle ne pourra résister au désir de l’essayer. Alors, elle sera perdue, car la robe est de soufre et de poix et la consumera jusqu’à la moelle des os.

– N’y a-t-il aucun moyen de la sauver ? demanda le troisième.

– Il n’en est qu’un seul. Mettre une paire de gants de cuir, lui enlever sa robe et la jeter au feu. Mais qui fera cela ? Personne ne le sait, personne ne le devinera et quiconque le saurait et le dirait serait changé en pierre depuis les genoux jusqu’au coeur. »

Le fidèle Jean ne disait rien, mais il écoutait toujours, l’angoisse au coeur.

Alors le troisième corbeau parla. « Je sais encore autre chose, dit-il.

Même si la princesse n’était pas consumée par sa robe, les jeunes mariés ne seraient pas encore sauvés. Après le mariage il y aura un bal, la jeune reine s’évanouira et si personne ne lui prend trois gouttes de sang au poignet droit pour les jeter au loin, elle mourra… Mais quiconque sachant ceci le répéterait à haute voix, des pieds à la tête il serait immédiatement transformé en pierre. »

Après avoir dit cela les trois corbeaux s’envolèrent, et Jean demeura plongé dans ses tristes pensées, sachant cette fois qu’il ne pouvait sauver son maître sans lui-même perdre la vie.

Comme les corbeaux l’avaient dit, dès que le bateau eut accosté, un cheval à la robe de feu apparut sur la plage, et le roi enthousiasmé par son allure, s’apprêta à l’enfourcher. Le fidèle Jean n’eut que le temps de saisir le pistolet dans les fontes et d’abattre l’animal.

Alors les autres serviteurs, jaloux de Jean, s’écrièrent : « Quel massacre inutile ! Ce cheval aurait été le plus bel ornement des écuries royales. »

Mais le roi les fit taire. « Il est mon fidèle Jean, dit-il, tout ce qu’il fait est bien fait. » Les jaloux se regardèrent, déçus, mais ne purent insister.

Avec des clameurs de joie, un cortège triomphal se forma qui accompagna le jeune monarque et la princesse jusqu’à leur château.

Là, dans la première salle, étalée sur un large fauteuil, se trouvait une robe de mariée, si belle qu’elle paraissait tissée d’or et d’argent.

En la voyant, le roi voulut la prendre et l’offrir à sa fiancée, mais Jean veillait. De ses mains gantées de cuir il se saisit de la robe et la jeta dans la cheminée où brûlait un grand feu. De hautes flammes bleues s’élevèrent, répandant une odeur épouvantable, mais les serviteurs du roi, saisissant cette nouvelle occasion de nuire à Jean et de le ruiner dans l’esprit de son maître, s’écrièrent : « Il est devenu fou. Il a brûlé la robe de la mariée !

« Laissez-le, leur dit le roi, il est mon fidèle Jean. Ce qu’il fait ne peut être que bien fait. » Et pourtant, il commençait à s’étonner de le voir agir de façon si étrange et le priver tour à tour d’un cheval tel qu’il ne pourrait jamais en avoir dans ses écuries et d’une robe telle qu’aucun tailleur de son royaume n’aurait pu l’imiter.

Quelques jours plus tard, le mariage royal fut célébré en grande pompe. Après la cérémonie, un fastueux bal fut donné et la mariée fut la première à danser. Le fidèle Jean ne la quittait pas des yeux et commençait à croire que les corbeaux s’étaient trompés, lorsque soudain, il la vit pâlir et s’affaisser sur le sol, blanche comme morte. Tous les assistants crièrent et s’affolèrent, mais le fidèle Jean, les écartant, se précipita, releva le corps inanimé et, l’emportant dans la chambre royale, l’étendit sur le lit.

Puis saisissant son poignard, il fit jaillir trois gouttes de sang du poignet droit de la reine et les jeta au loin.

Cette fois, les serviteurs n’eurent même pas besoin de s’indigner. Le roi avait tout vu et se mit en colère. Il avait des médecins à sa cour, c’était à eux de soigner la reine, et non à ce vieux serviteur de lui ouvrir les veines avec son poignard sale et d’éparpiller au loin son sang. Peut-être même crut-il que Jean allait tuer la reine, comme il avait tué le cheval. On ne sait pas, mais sa colère fut terrible et, désignant le fidèle Jean à ses gardes : « Qu’on le jette en prison ! » ordonna-t-il.

Peu après, la reine reprenait connaissance, mais ne put faire fléchir la colère de son époux : le fidèle Jean fut jugé le lendemain et condamné à être pendu. Il ne s’insurgea pas et dit seulement : « Tout condamné à mort a le droit de parler. Me refuserez-vous ce droit ?

– Non, dit le roi. Nous t’écoutons.

– J’ai été injustement condamné, sire, dit Jean, car je n’ai jamais cessé de vous être fidèle. » Puis, il répéta la conversation des corbeaux, telle qu’il l’avait surprise à bord du navire, et expliqua comment, pour sauver son maître, il avait dû agir comme il l’avait fait.

« Qu’on lui rende la liberté ! s’écria alors le roi. Comment ai-je pu douter de toi, ô mon fidèle Jean ? Me le pardonneras-tu jamais ? »

Mais le fidèle Jean ne répondit pas car son corps changé en pierre ne pouvait plus bouger et, à la dernière de ses paroles, sa langue elle-même s’était pétrifiée.

Quand le roi comprit cela, il fut saisi d’un affreux chagrin. Il reconnut que son serviteur avait sauvé sa vie et celle de son épouse en sacrifiant la sienne et que rien désormais ne pourrait réparer l’affreuse injustice qu’il venait de commettre. La reine, informée de la chose, partagea ses regrets et ordonna que le corps du fidèle Jean, devenu statue de pierre, fût érigé sur la place d’honneur, dans la plus belle salle du palais.

La statue resta là dix ans. Dix ans pendant lesquels le roi et la reine eurent trois enfants et gouvernèrent sagement leur royaume, mais leur bonheur était entaché de l’incessant regret d’avoir méconnu la fidélité de leur serviteur.

Or, un soir, le roi, assis à sa fenêtre, vit voler trois corbeaux et, à sa grande surprise, entendit leur langage.

« Voilà dix ans aujourd’hui, disait le premier, que le fidèle Jean n’est plus que statue immobile et sans voix.

– Il est un moyen de lui rendre la parole, dit le second, mais le roi ni la reine ne s’y résigneront jamais.

– Hélas ! non, dit le troisième, car il leur faudrait sacrifier toutes leurs richesses et en faire don aux pauvres.

– À ce prix pourtant, le fidèle Jean recouvrerait la parole et la vue.

– Il est aussi, reprit le premier corbeau, un moyen de faire battre de nouveau son coeur, mais le roi ni la reine ne sauraient consentir.

– Hélas ! non, dit le troisième, car il leur faudrait alors perdre leur couronne et renoncer au trône.

– À ce prix, pourtant, le coeur du fidèle Jean se remettrait à battre.

– Et son corps tout entier pourrait reprendre vie, dit le troisième, si le roi et la reine abandonnaient leur royaume pour sauver celui qui les a sauvés trois fois.

– Hélas ! ils n’accepteront jamais de partir comme des mendiants, nupieds et la besace au dos, vêtus de guenilles, eux et leurs enfants.

– Hélas ! Hélas ! » croassèrent les corbeaux et ils s’en furent tous à tired’aile.

Le roi appela la reine, et une heure plus tard un héraut parcourait la ville invitant tous les pauvres à se rendre au château pour y recevoir une part du trésor royal. Quand la distribution fut faite, la statue de pierre tourna la tête, ses yeux s’ouvrirent et sa bouche prononça ces mots :

« Je n’ai fait que tenir la promesse faite au roi votre père. »

Le monarque fut si heureux d’entendre de nouveau la voix de son fidèle Jean que, poussant un cri de joie, il saisit un parchemin, et signa son acte d’abdication.

Alors, le coeur de la statue de pierre se mit à battre, et le fidèle Jean dit :

« Sire, ne vous dépouillez pas pour moi.

– Je ne puis faire moins pour toi que tu n’as fait pour moi », répondit le roi. Il ôta ses riches vêtements, se vêtit de guenilles et partit avec sa femme et ses enfants pieds nus et besace au dos. Le fidèle Jean tenta de le retenir, mais ses jambes de pierre le rivaient au sol, loin de son roi qui refusait de l’écouter et s’en allait.

Alors la force de son amour l’emporta sur la pesanteur de la matière et l’on vit Jean, marchant sur ses jambes pétrifiées, traverser le palais, descendre le perron et se jeter aux genoux de son maître pour le supplier de ne pas partir.

« Tu es mon fidèle Jean, lui dit alors le roi. Tout ce que tu veux, je le veux », et il remonta sur son trône.

Le trésor du roi demeura vide et Jean conserva ses jambes de pierre, mais à travers le temps et à travers l’espace jamais ne régna un monarque plus heureux que celui-là, qui avait appris qu’un serviteur fidèle vaut tous les trésors du monde.

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