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Jacob et Wilhelm Grimm
Les frères Grimm
Conte, Les frères Grimm, L’Envie de voyager
Créé par Mariedark, le 02/09/2013 à 13h13.
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Par Mariedark,
le 02/09/2013 à 13h13.
Mariedark
Posté le 02/09/2013 à 13h13
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CONTE - LES FRERES GRIMM

 

L’ENVIE DE VOYAGER

 

Il était une fois une femme pauvre, dont le fils avait grande envie de voyager. « Comment veux-tu partir en voyage ? lui dit sa mère. Nous n’avons pas un sou que tu puisses emporter ! » Mais le fils répondit. « Cela ne fait rien, mère, j’arriverai bien à me débrouiller ! Et d’abord, je n’arrêterai pas de répéter : Pas beaucoup ! Pas beaucoup ! » Il s’en alla et marcha un bon bout de temps en répétant sans cesse, « Pas beaucoup ! Pas beaucoup ! » Puis il arriva devant un groupe de pêcheurs. « Dieu vous aide ! leur dit-il en guise de salut, pas beaucoup, pas beaucoup ! – Comment dis-tu, gamin ? Pas beaucoup ? » Et quand ils ramenèrent leur filet, il n’y avait vraiment pas beaucoup de poissons dedans ; alors ils t’attrapent un gourdin et lui font dire ce qu’ils pensent sur le malheureux dos du garçon. – Qu’est-ce qu’il faut dire, alors ? leur demanda-t-il – Tu dois dire : Tout plein ! Tout plein ! » Très bien ! Il marche un bon bout de chemin, et tout au long il répète.- « Tout plein ! Tout plein ! » Puis il arrive devant une potence où l’on va pendre un malheureux coupable. « Bonjour ! dit le gars. Tout plein ! Tout plein ! – Qu’est-ce que tu nous dis là, mon gaillard ? Tout plein ? Est-ce que tu voudrais plus de malandrins sur la terre ? N’y en a-t-il pas déjà assez comme cela ? » Sur quoi le bâton entre en jeu et lui fait entrer la leçon par le bas du dos. « Mais qu’est-ce qu’il faut dire, alors ? – Que Dieu prenne pitié de la pauvre âme ! » Très bien ! « Que Dieu prenne pitié de la pauvre âme ! Que Dieu prenne pitié de la pauvre âme ! » Et avec ce refrain, il fait encore un grand bout de chemin, puis arrive devant l’équarrisseur qui vient d’abattre un vieux cheval. « Bonjour ! dit le jeune gars. Que Dieu prenne pitié de la pauvre âme ! – Que dis- tu là, mécréant ? s’indigne l’équarrisseur en attrapant son grand crochet pour lui frictionner les oreilles et lui apprendre un peu à vivre. – Mais que faut-il dire, alors ? – La charogne gît dans sa fosse ! » Très bien ! Alors, en répétant sans cesse « La charogne gît dans sa fosse ! », il continue sa route, quand, finalement, il croise une voiture pleine de gens. « Bonjour ! dit-il. La charogne gît dans sa fosse ! » Mais la voiture, pour l’éviter, verse au fossé ; alors le cocher bondit avec son fouet et lui en administre une si bonne ration, que c’est en rampant qu’il rentre chez sa mère, le malheureux. Et de sa vie, il n’a plus eu envie de voyager.

Dernière modification le 02/09/2013 à 13h13 par Mariedark.

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