Prochain échelon : 47
|
Compteur d'activité : 45
Fable, Jean De La Fontaine, Le Lièvre et les Grenouilles, Livre II, fable 14
Créé par Mariedark, le 31/08/2013 à 19h19.
0 réponse
Dernière réponse :
Par Mariedark,
le 31/08/2013 à 19h19.
Mariedark
Posté le 31/08/2013 à 19h19
#1
avatar
responsable
membre
depuis le 31/07/2013.
Dernière connexion :
le 29/11/2013 à 10h29
Niveau de soutient : 31 pts

FABLE,  JEAN DE LA FONTAINE,

Livre II, fable 14

 

LE LIÈVRE ET LES GRENOUILLES

 

Un Lièvre en son gîte songeait

(Car que faire en un gîte, à moins que l’on ne songe ?) ;

Dans un profond ennui ce Lièvre se plongeait :

Cet animal est triste, et la crainte le ronge.

Les gens de naturel peureux

Sont, disait-il, bien malheureux :

Ils ne sauraient manger morceau qui leur profite.

Jamais un plaisir pur ; toujours assauts divers.

Voilà comme je vis : cette crainte maudite

M’empêche de dormir, sinon les yeux ouverts.

Corrigez-vous, dira quelque sage cervelle.

Et la peur se corrige-t-elle ?

Je crois même qu’en bonne foi

Les hommes ont peur comme moi.

Ainsi raisonnait notre Lièvre,

Et cependant faisait le guet.

Il était douteux, inquiet ;

Un souffle, une ombre, un rien, tout lui donnait la fièvre.

Le mélancolique Animal,

En rêvant à cette matière,

Entend un léger bruit : ce lui fut un signal

Pour s’enfuir devers sa tanière.

Il s’en alla passer sur le bord d’un étang :

Grenouilles aussitôt de sauter dans les ondes ;

Grenouilles de rentrer en leurs grottes profondes.

Oh ! dit-il, j’en fais faire autant

Qu’on m’en fait faire! ma présence

Effraie aussi les gens! je mets l’alarme au camp !

Et d’où me vient cette vaillance ?

Comment ! des animaux qui tremblent devant moi !

Je suis donc un foudre de guerre ?

Il n’est, je le vois bien, si poltron sur la terre,

Qui ne puisse trouver un plus poltron que soi.

Identification

Pas encore inscrit ?