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Fable, Jean De La Fontaine, Jupiter et le Passager, Livre IX, fable 13
Créé par Mariedark, le 31/08/2013 à 20h17.
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Par Mariedark,
le 31/08/2013 à 20h17.
Mariedark
Posté le 31/08/2013 à 20h17
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FABLE,  JEAN DE LA FONTAINE,

Livre IX, fable 13

 

JUPITER ET LE PASSAGER

 

Ô ! combien le péril enrichirait les Dieux,

Si nous nous souvenions des vœux qu'il nous fait faire !

Mais le péril passé, l'on ne se souvient guère

De ce qu'on a promis aux Cieux ;

On compte seulement ce qu'on doit à la terre.

Jupiter, dit l'impie, est un bon créancier ;

Il ne se sert jamais d'huissier.

Eh ! qu'est-ce donc que le tonnerre ?

Comment appelez-vous ces avertissements ?

Un passager, pendant l'orage,

Avait voué cent Bœufs au vainqueur des Titans.

Il n'en avait pas un : vouer cent Éléphants

N'aurait pas coûté davantage.

Il brûla quelques os quand il fut au rivage.

Au nez de Jupiter la fumée en monta.

Sire Jupin, dit-il, prends mon vœu ; le voilà :

C'est un parfum de Bœuf que ta grandeur respire.

La fumée est ta part : je ne te dois plus rien. 

Jupiter fit semblant de rire ;

Mais, après quelques jours, le Dieu l'attrapa bien,

Envoyant un songe lui dire

Qu'un tel trésor était en tel lieu. L'homme au vœu

Courut au trésor comme au feu :

Il trouva des voleurs, et n'ayant dans sa bourse

Qu'un écu pour toute ressource,

Il leur promit cent talents d'or,

Bien comptés, et d'un tel trésor :

On l'avait enterré dedans telle bourgade.

L'endroit parut suspect aux voleurs ; de façon

Qu'à notre prometteur l'un dit :  Mon camarade,

Tu te moques de nous, meurs, et va chez Pluton

 

Porter tes cent talents en don.

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