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Fable, Jean De La Fontaine, Le Vieux Chat et la jeune Souris, Livre XII, fable 5
Créé par Mariedark, le 31/08/2013 à 20h31.
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Par Mariedark,
le 31/08/2013 à 20h31.
Mariedark
Posté le 31/08/2013 à 20h31
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FABLE,  JEAN DE LA FONTAINE,

Livre XII, fable 5

 

A  MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE

qui avait demandé à M. de La Fontaine une fable qui fût nommée Le Chat et la Souris

 

Pour plaire au jeune Prince à qui la Renommée

Destine un temple en mes écrits,

Comment composerai-je une fable nommée

Le Chat et la Souris ?

 

Dois-je représenter dans ces vers une Belle

Qui douce en apparence, et toutefois cruelle,

Va se jouant des cœurs que ses charmes ont pris

Comme le Chat et la Souris ?

 

Prendrai-je pour sujet les jeux de la Fortune ?

Rien ne lui convient mieux, et c'est chose commune

Que de lui voir traiter ceux qu'on croit ses amis

Comme le Chat fait la Souris,

 

Introduirai-je un Roi qu'entre ses favoris

Elle respecte seul ; Roi qui fixe sa roue,

Qui n'est point empêché d'un monde d'ennemis,

Et qui des plus puissants  quand il lui plaît  se joue

Comme le Chat et la Souris ?

 

Mais insensiblement, dans le tour que j'ai pris,

Mon dessein se rencontre ; et si je ne m'abuse

Je pourrais tout gâter par de plus longs récits.

Le jeune Prince alors se jouerait de ma Muse

Comme le Chat et la Souris.

 

***

 

LE VIEUX CHAT ET LA JEUNE SOURIS

 

Une jeune Souris, de peu d'expérience,

Crut fléchir un vieux Chat  implorant sa clémence,

Et payant de raisons le Raminagrobis :

Laissez-moi vivre : une Souris

De ma taille et de ma dépense

Est-elle à charge en ce logis?

Affamerais-je, à votre avis,

L'Hôte, l'Hôtesse, et tout leur monde ?

D'un grain de blé je me nourris ;

Une noix me rend toute ronde.

A présent je suis maigre ; attendez quelque temps

Réservez ce repas à Messieurs vos Enfants.

Ainsi parlait au Chat la souris attrapée.

L'autre lui dit : Tu t'es trompée :

Est-ce à moi que l'on tient de semblables discours ?

Tu gagnerais autant à parler à des sourds.

Chat et vieux pardonner ? cela n'arrive guères.

Selon ces lois descends là-bas,

Meurs, et va-t-en tout de ce pas,

Haranguer les sœurs Filandières :

Mes Enfants trouveront assez d'autres repas."

Il tint parole ; et, pour ma fable,

Voici le sens moral qui peut y convenir :

La jeunesse se flatte, et croit tout obtenir ;

La vieillesse est impitoyable.

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